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YOSHIMURA Akira, le Japon au scalpel...

YOSHUMURA, écrivain, Japon, guerre, liberté,conditionnelle

WIKI : Akira Yoshimura
est un auteur japonais, né en 1927 à Tokyo.
Ses romans s'inspirent de légendes japonaises (Naufrages) ou bien encore de faits divers souvent liés à la Seconde Guerre mondiale (La guerre des jours lointains).
Son style d'écriture souvent assez sombre est d'une remarquable précision, presque chirurgicale.
Il est décédé le 31 juillet 2006.
Le roman Liberté conditionnelle a servi de base au film L'Anguille de Shōhei Imamura.

 

Mon premier roman de lui a été "la guerre des jours lointains".

YOSHIMURA, écrivain, Japon, guerre, liberté,conditionnelle

Ce que j'en avais pensé à ce moment-là :

J'ai donc lu "la guerre des jours lointains" sur les conseils d'une amie pour me faire une idée de ce que fut l'après-guerre au Japon, et approcher les problèmes de criminels de guerre et autres joyeusetés, par le biais du roman, parce que je n'aime pas lire les essais.
Le personnage central, Takuya, un lieutenant, a décapité sur ordre un prisonnier américain, il est donc recherché comme criminel de guerre après la Reddition. Le roman raconte dans un style chirurgical (comme dit Wiki, mais c'est très juste) la cavale de cet homme, et surtout nous fait plonger dans son esprit, dans les interrogations qu'il se pose, et surtout sur celles qu'il ne se pose pas : les raisons de son geste horrible, et le fait qu'il a simplement obéi à un ordre, comme s'il s'agissait d'aller jeter les ordures...
La misère profonde du Japon de ces années est en toile de fond, l'occupation américaine aussi. Jamais l'auteur ne nous donne l'occasion de prendre un parti quelconque, sauf celui de penser comme Prévert "quelle connerie la guerre !" Mais aussi quelle connerie que l'Humanité... On suit Takuya dans un Japon dévasté, où pour survivre, ou seulement manger, il faut être prêt à tout... Bon ce n'est pas vraiment d'une gaîté folle, mais je n'ai pas pu le lâcher une fois commencé.[/quote]


Le suivant m'a frappé par son titre tout à fait singulier : "La jeune fille suppliciée sur une étagère".

YOSHIMURA, écrivain, Japon, guerre, liberté,conditionnelle


C'est une jeune fille qui meurt de pleurésie (déjà, de nos jours ! ) et sa mère vend son corps à la médecine ! C'est écrit à la première personne, la jeune fille raconte son autopsie et tout ce qu'il advient de son corps, mais c'est écrit avec une telle distanciation, une telle maîtrise, sans une once de cruauté ou de gore que finalement c'est tout à fait intéressant à lire sans avoir à se demander si on n'a pas des instincts de tueur en série !
C'est en fait une longue nouvelle, ou un court roman, comme vous voulez !

Comment l'auteur a eu l'idée d'un tel sujet, puis ensuite comment il l'a menée à son terme me remplit d'étonnement ! A travers cette histoire transparaît la misère de la mère qui n'a pas d'argent pour soigner sa fille qui pourrait guérir, mais qui surtout ne considère pas que ça en vaille la peine ! Récit glaçant et passionnant !

Et là je viens de finir "Liberté conditionnelle"

YOSHIMURA, écrivain, Japon, guerre, liberté,conditionnelle

Je ne dirais pas que ce roman est passionnant, mais cependant il captive  par l'originalité du sujet et la façon quasi documentaire dont il est écrit.

Le personnage central, Kikutani, a été condamné à la prison à perpétuité pour meurtre, mais comme il se comporte très bien en prison, il obtient la liberté conditionnelle au bout de 16 années d'emprisonnement(d'où le titre du bouquin, pas du tout métaphorique mais très réaliste au contraire ! )
Il s'était si bien adapté à la prison que le retour dans le monde va être difficile... On apprend peu à peu quel a été son crime, mais ce n'est pas ça l'intérêt du livre, il n'y a aucun suspens, aucune enquête, on est dans la situation d'un entomologiste qui observe froidement et objectivement la vie de ce spécimen humain...

Il y a le côté psychologique du personnage (la bizarre contradiction entre l'absence totale de remord et la crainte perpétuelle du regard des autres si on apprenait son crime) et il y a le côté sociologique : le système carcéral japonais !
C'est un sujet à la mode en ce moment, donc ça m'intéressait ! Déjà grâce au manga "dans la prison" j'avais pu constater la totale infantilisation des prisonniers à qui pas la moindre initiative personnelle n'est laissée, ce que ce roman confirme.
Parallèlement il semble n’y avoir aucun suivi psychologique, dans le sens où le personnage, un professeur banal et tranquille, a carrément pété un câble en découvrant que sa femme le trompait. L’écriture concise et précise de Yoshimura nous fait parfaitement comprendre comment le cerveau de Kikutani implose pratiquement, mais ensuite aucun suivi psychiatrique ne viendra tenter d’expliquer ce séisme mental.
A ce sujet, le film de Shohei Imamura, « l’anguille » rend parfaitement cette explosion mentale dans sa scène d’ouverture.
Après le procès et la condamnation, l’institution se contente de le regarder être un « prisonnier modèle », qui n’est qu’une surface, qu’un vernis qui craquera à nouveau au contact de la réalité du contact humain.
Le souci permanent du système est de remettre dans la société les prisonniers, avec toute une administration de tuteurs, contrôleurs qui suivent l'ex détenu en l'incitant tout le temps à se réinsérer dans le cours de la vie ! Mais comment le pourrait-il quand pendant des année on lui a carrément ôté toute personnalité ? Il faut ajouter que le prisonnier ayant été condamné à perpétuité, il sera sous tutelle tout le restant de sa vie.

En résumé, j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt cet homme au départ banal, son cheminement, et le résultat quasi inévitable de sa liberté conditionnelle. Je pense en lire d'autres de lui , en particulier "naufrages" inspiré des légendes japonaises, car ses sujets sont divers et j'aime son style acéré, clair et extrêmement distancié.

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