Il y a 20 ans premier grand voyage, la Nouvelle Calédonie : Nouméa, la ville...
Bâtis sur de nombreuses îles et presqu'îles !
Nouméa (prononcé /nu.me.a/), principale ville portuaire de Nouvelle-Calédonie, est le chef-lieu de cette collectivité d'outre-mer française au statut spécifique et de la Province Sud, située sur une presqu'île de la côte sud-ouest à l’est de la Grande Terre.
D'importance moyenne à l'échelle française (94 285 habitants en 2019), même en comptabilisant sa banlieue et sa couronne périurbaine (182 341 habitants), Nouméa est la plus grande ville francophone d'Océanie devant Papeete,
Elle dispose d'un relief accidenté constitué de plusieurs collines (Ouen Toro, Montravel, mont Coffyn, mont Vénus, etc.), culminant à celle de Montravel à 167 mètres d'altitude.
Ouen Toro
Sa particularité est que son centre-ville et certains de ses quartiers (dont la zone industrielle de Ducos) sont essentiellement construits sur des remblais ou des polders, réalisés après l'assainissement de différentes zones marécageuses littorales au XIXe siècle (centre ville de 1855 à 1872, quartier Latin et quartier de Montravel en 1882) …
…ou bien plus récemment gagnés sur la mer (zone industrielle, port autonome, marinas, notamment celle du Port-Moselle qui a fait l'objet de plusieurs tranches entre 1906 et les années 1980).
Le port Moselle (plaisancier) ...
Dans l’eau du port de plaisance un serpent « tricot rayé » ;
L'ancienne île Nou, autrefois un des sites du bagne de Nouvelle-Calédonie, est devenue une presqu'île artificielle rebaptisée Nouville après la construction de remblais et d'un pont reliant le port à l'île durant les années 1970 et la période dite du « boom du nickel ».
Les locaux se l’université de Nouvelle Calédonie (fac de droit ) ont repris les anciens ateliers pénitentiaires (mon fils travaillait là) :
La Faculté de Lettres où travaillait ma belle-fille est sur une autre presque’île, Magenta :
La ville, créée en 1854 sous le nom de Port-de-France pour servir de centre administratif et militaire à la colonisation française en Nouvelle-Calédonie, elle prend le nom « Nouméa », d'origine kanak le 2 juin 1866. Elle s'est développée du fait de la présence du bagne...
Arasement de la butte Conneau par les bagnards
...mais aussi grâce à l'activité minière depuis les années 1870, dominée par l'extraction du nickel.
L'économie est avant tout tertiaire, avec une présence importante des fonctions et services publics d'État, de la Nouvelle-Calédonie, de la Province Sud et de la ville. Les activités touristiques, sont surtout balnéaires. La côte où se situe Nouméa forme une succession de baies qui offrent un éventail d'activités : baignade (plages de l'anse Vata,(îlot Canard Îlot Maitre) …
...…de la baie des Citrons,
...plaisance et nautisme (baie de Sainte-Marie, marinas du port Moselle), port touristique ou commercial et industriel.
Mais Nouméa est sujette, comme le reste de la Nouvelle-Calédonie, aux tempêtes tropicales qui vont de la simple dépression tropicale jusqu'au cyclone. Le dernier en date à avoir fortement touché la ville, Erica en 2003, a provoqué des dégâts importants du fait de la puissance de ses vents (la rafale la plus violente jamais enregistrée à Nouméa le fut ainsi le 14 mars 2003, avec 56 m/s soit environ 200 km/h)
Dégâts en 2003
Nouméa possède une végétation de type tropical, appartenant plus précisément à la forêt sèche, paysage classique de la côte Ouest de la Grande Terre. Cette formation végétale recouvre au début du XXIe siècle 100 ha sur le territoire de la commune. Écosystème le plus fortement menacé, sa sanctuarisation est prévue dans le plan d'aménagement et de développement durable
Zone protégée le Mont Vénus
S’y ajoutent d'autres formations végétales anciennes comme la mangrove (230 ha sur le littoral), certains palétuviers ayant un âge estimé à plus de 300 ans. Elle aussi fortement menacée par l'urbanisation, elle fait l'objet de mesures de conservation, avec un sentier provincial de découverte à Ouémo. Nouméa est l’une des très rares villes au monde à avoir su préserver sa mangrove, sillonnée par un sentier bâti sur des digues préexistantes.
La mangrove à Ouémo
Je me suis promenée dans Nouméa, d’abord dans le quartier Trianon où habitait mon fils :
En arrière-plan le monument au Général de Gaulle :
Une forte proportion de la population est toujours d'origine européenne, (Calédoniens ou « Caldoches », Métropolitains (appelés « zoreilles ») mais il s'y trouve aussi une forte proportion, qui va en augmentant, de Kanaks ainsi que de Polynésiens et d'Asiatiques (Indonésiens, Vietnamiens, Chinois). Bien qu’il y ait peu de Chinois, le quartier s’appelle Chinatown !
On y trouve les nombreuses boutiques qui vendent la fameuse robe-mission !
Je suis allée faire un tour au marché couvert, et j’y ai admiré les vivaneaux rouges, les langoustes porcelaines, des bancs de poissons, de fruits et légumes très appétissants !
Pas loin du marché, le mémorial américain :
Ce monument, érigé en 1992, commémore le cinquantième anniversaire de l’arrivée des 20 000 premiers soldats américains à Nouméa, le 12 mars 1942. Près d’un million de leurs compatriotes les suivirent et transitèrent sur le Caillou, si bien que la Nouvelle-Calédonie constitua l’une des bases stratégiques de l’armée américaine lors de la guerre du Pacifique contre le Japon particulièrement durant la bataille de la mer de Corail. On le trouve près du marché et de Port-Moselle
Certains Calédoniens ont eu un amour marqué pour les Américains, demandant même à faire de la Calédonie un nouvel état américain… ça n’a pas eu de suite !
Autre visite passionnante : Le musée de la Nouvelle Calédonie est très intéressant particulièrement sur les peuples océaniens.
En face du Musée dans un square se dresse un totem de 12 mètres de haut et la reconstitution d’une case de chef. Le totem se nomme le Mwâ Kââ ce signifie la « maison des hommes du pays » et regroupe les symboles de toutes les aires coutumières de Nouvelle-Calédonie.
L’initiative du Mwâ Kââ a été lancée en 2003 par une association de la mouvance indépendantiste kanak à l’occasion du 150e anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France. Le monument et la cérémonie commémorative auxquels il a donné lieu ont alors été placés sous le signe de l’accord de Nouméa afin de symboliser l’avenir partagé avec les autres communautés, invitées à participer à la construction de « la grande case du pays » (…).
Là se trouve également une case reconstituée à l’image de celles de l’île de Lifu
L’ensemble, enrichi au fil des ans de nouveaux éléments sculptés, est disposé, comme une grande allée kanak, au bout d’une allée de pins colonnaires, parmi un aménagement paysager qui associe chaque végétal à une composante ethnoculturelle. Le Mwâ Kââ fait l’objet depuis 2003 de cérémonies rassemblant les représentants des groupes culturels, du monde associatif et politique, à chaque 24 septembre qui est devenu officiellement « journée de la citoyenneté », après avoir longtemps été pour les indépendantistes kanak « journée de deuil kanak ».
Vu les incidents actuels cette « citoyenneté commune » que symbolise le totem n’est pas encore en passe de s’installer définitivement !
Dans le centre ville se trouve la belle place des Cocotiers bordée de commerces et cœur de la vie de la cité. Une partie s’organise autour du kiosque à musique :
L’autre autour la fontaine Céleste :
La fontaine monumentale est au cœur de la place des Cocotiers et du centre-ville, point 0 du kilométrage des routes de Nouvelle-Calédonie, elle est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 13 août 1992.
Elle fut sculptée à partir du milieu de l'année 1892 en pierres provenant d'une carrière voisine, celle dite du mont Bérard (Mont-Dore), par un artiste local, Paul Mahoux, et hissée et élevée grâce à l'emploi de la main d'œuvre pénale. Elle ne fut achevée qu’en 1895.
Par ailleurs, cette fontaine fit scandale à l'époque, représentant alors une jeune femme à demi nue dont le modèle, Lala (Demoiselle, en arabe)Céleste Mohammed Benyamina, avait alors 17 ans et était la fille d'un déporté algérien installé comme cultivateur à Nessadiou, Mohammed Benyamina, et d'une Française, Aurélia Moussart
J’ignore tout à fait pourquoi cette jeune femme a été choisie !
Rue de la Victoire un banian :
L’hôtel de Ville :
Le Musée de la ville : Au coeur de la ville, initialement les pieds dans l’eau, le bâtiment de la banque Marchand a vu le jour en 1874 sans savoir la longue histoire qui l’attendait…histoire qui rime avec Nouméa et la vie des ses habitants. Quelles que furent ses fonctions, elle a été sans cesse une maison commune qui rassemble les gens : banque, mairie liée au quotidien des concitoyens et aux grands évènements de la vie publique, syndicat d’initiative, salle d’expositions et de théâtre et enfin musée où la mémoire de ces nombreuses années sont précieusement conservées.
Le bâtiment de style colonial a été construit en 1874 pour y loger la première banque de Nouvelle-Calédonie. Celle-ci fait faillite en 1877 et la municipalité de Nouméa achète la bâtisse afin d’y abriter « temporairement » l’hôtel de ville… un provisoire qui durera jusqu’en 1975, date à laquelle la mairie s’installe dans les bâtiments que nous connaissons aujourd’hui, rue Mangin.
Le musée, ouvert depuis 1996, permet aux visiteurs de découvrir l’histoire de la Nouvelle-Calédonie et le passé de la ville de Nouméa.
Je l’ai visité et il est très intéressant et bien fait !
En remontant vers la maison le long de la route je vois ce beau frangipanier fleuri, …
...puis un peu plus loin une cabane de squatters.
ainsi dans la plupart des zones non bâties de Nouméa des “cabanes" : toujours entourées de jardins vivriers et qui présentent une large gamme d’habitats, depuis le simple abri de tôle jusqu ’à la villa.
Les habitants de ces squats sont pour moitié des Kanaks, librement installés en ville depuis l’abolition en 1946 du code de l’Indigénat, pour un tiers des Wallisiens et des Futuniens, et pour le reste essentiellement des Ni-Vanuatu et des Tahitiens.
Ils y cultivent des jardins qui leur permettent de survivre et de retrouver en ville un genre de mode vie proche de la Tribu.
Voilà un petit aperçu de Nouméa !
Commentaires
Je ne connaîtrai sans doute jamais la Nouvelle Calédonie et ton petit voyage "papier" m'a passionnée ! Merci pour ton partage
De rien Madeline !! Je ne savais pas en commençant que ce serait d'une telle actualité ! ^_^
Céleste Mohammed Benyamina m'a emmenée jusqu'aux condamnés - bagnards etc.. Tout un pan d'histoire, que je ne soupçonnais pas.
Grâce à toi, je vais me documenter. C'est fou ce que l'on peut apprendre constamment, merci pour le reportage.
J'ai admiré les fruits du marché. Leurs ananas sont énormes et très tentants, les papayes aussi, j'aime beaucoup les marchés, c'est le meilleurs endroit pour appréhender la vie quotidienne des gens.
Fée clochette
Mohamed Benyamina était un Algérien de Calédonie. Je vais en parler plus tard dans le chapitre sur le bagne : plus de 2000 maghrébins (Algériens, et quelques Tunisiens et Marocains) ont été déportés, en "droits communs" et surtout en "rebelles" car ils luttaient contre la colonisation, dans les années 1865/66. Ceux qui ont été libérés avaient l'interdiction de quitter l'île, ils ont fait souche là-bas. C'étaient eux les premiers déportés, avant les communards !
Merci pour ton commentaire, Fée Clochette !
Merci pour cette visite de Nouméa ; je n'aime pas beaucoup les villes, mais là il y a tellement de végétation, de beaux araucarias ! et des palétuviers :-)
c'est magnifique !
Merci de ton commentaire Petit faucon !! Oui, Nouméa est très imbriquée dans la nature, elle est bâtie sur plusieurs presqu'îles et la nature et le relief y sont inclus !
Merci de ton commentaire Petit faucon !! Oui, Nouméa est très imbriquée dans la nature, elle est bâtie sur plusieurs presqu'îles et la nature et le relief y sont inclus !